11/02/2005

De l'art

Fukuyama* avait flairé quelque chose que tout le monde sentait. Depuis le milieu des années 80, l’achèvement était dans l’air. L’esprit des fins faisait salle comble. (…) Il suffisait de sniffer l’époque pour s’en rendre compte ; les redites, les citations, et cette impression grandissante d’un monde tournant sur lui-même. L’art s’était attaché à se rapprocher de la vie. Il avait consacré la banalité, abolit tous les critères esthétiques classiques. Il avait dans el même moment anéanti la possibilité de critiquer la norme ; « si rien n’est vrai, tout est permis », avait écrit Dostoïesvski dans « Les Frères Karamazov ». Et si tout est permis, rien ne peut plus être transgressé. Voilà comment « l’esprit des fins » a contribué à notre enfermement. Par la chute d’un mur et la consécration d’un urinoir. Fin de l’art et fin de l’Histoire. Extension du domaine de la liberté et absorption de la banalité. - Camille de Toledo "Archimondain jolipunk" Calman-Lévy

* Francis Fukuyama, philosophe américain, auteur d'un ouvrage remarqué, "La fin de l'histoire et le dernier homme", qui renoue avec la philosophie de l'histoire à la fin d'un siècle où elle avait été progressivement discréditée.

Illustration : Petrov Ahner

13:31 Écrit par Julie-tteboussart | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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