29/11/2005

Au réveil

3 semaines et 3 jours.

Quelqu’un m’a lâchée du troisième en plein sur le coccyx. J’ai repris de la réalité plein le bas du dos, j’en redemande.

Je me suis réveillée dimanche PM au café Central, permission de deux heures et babysitting grand-parental, un verre de Martini Dry et une cigarette à la main, la première, festive et précieuse depuis 10 mois, en écoutant mon Homme me dire que je suis la meilleure chose qui lui soit arrivée.

Je crois mon Homme parce qu’il est la meilleure chose qui me soit arrivée.

J’ai un  fils, je suis une mère, je l’ai toujours été.

On nous avait menti en nous répétant que ça changeait la vie. Ça ne la change pas, ça la défini.

Des kilos de guimauve ingérés, des litres de vodka imbibés, des kilomètres de bitume arpentés m’auront menée vers l’évidence.

C’est là que se cachait la peine, dans le vide de mon ventre, dans le pardon.

Mon Fils, un porte bébé ventral, une boîte « doseuse » pour lait en poudre, le premier pas de mon Unique dans l’appartement chaque soir, un nez en trompette, des yeux mouillés de confiance. Check list.

Le monde est revenu, je l’avais bouclé dehors.

Pas de place en plus de l’être humain qui grandissait en moi puis s’en était échappé à coup de grognements, à la force de mes mains sous mes genoux, à mon visage déformé par l’effort, aux front plissé de mon Amour.

Le flot de sang chaud commence à devenir plus pâle, j’ai moins mal à l’hémorragie Docteur.

Puis j’ai faim, à nouveau. « C’est une bonne maladie ».

De mes obsessions il reste un goût immodéré pour le ménage, la traque à la poussière, le pliage consciencieux des draps de bain et l’ouverture des rideaux avec embrases au cordeau. Etape suivante dans l’addiction, je n’y trouve plus le repos. Alors je marathone, je mène la course folle entre deux siestes du fruit de notre chair, je défie l’organisation et réinvente l’hygiène, j’exfolie corps et assiettes, javelise moins,  apparence plus, mâche aux molaire et avale de grosse lapée de manque d’harmonie entre le stérilisateur de biberon et l’évier de la cuisine, réclame une étagère, non, pas celle-là, la chromée, la plus chère, qu’on demeure arty dans ce qui nous reste de pré trentenaires.

Milady dit avec bon sens que Lord Brett Sinclair, chat domestique bipolaire, n’est pas source de contamination bactérienne, que sa merde tourne en circuit fermé. En parler à l’Institut Pasteur et tout de même lui relaver les pattes au sortir de la litière.

Chéri prétend qu’Eliott ne disparaîtra pas si je m’absente pour uriner. On plaisante, on plaisante mais si ça arrive on fera moins les malins, cher Mulder !

Ma mère avance qu’il faudra bien que je coupe le cordon un jour. J’y penserai dans vingt-cinq, trente ans.

Je me crème les fesses, refuse de les sentir durcie par le choc, je suis douceur, bonheur, satisfaction et fierté.

Ma plume est ressortie de là ou elle était.

 

Illustration : Piotr Walski



11:06 Écrit par Julie-tteboussart | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

une plume où ça? le lait qui remplace l'encre, ça écrit très bien aussi.
Tout est neuf, pas renvouvelé.
Mère unique, première et décidée, tu seras donc, sans les évidences magazinières et les remarques outrancières.
Te voilà maman pour du bon et du meilleur.

(tu savais que les chats (normaux) d'appartement passent une heure par jour à se toiletter?)

et quand il fera son premier pas dehors, tu auras la larme lourde mais la vie réussie...

LOVE
PEACE
MOTHERHOOD

(une petite jup' ce soir?)

Écrit par : Milady | 29/11/2005

je reste très fier (comme quoi il faut pas grand'chose... aux homme)
d'être le premier à avoir "contaminé la nouvelle" et pu vous féliciter

tu seras une maman hors pair!
pas de doute à ce propos!

bisous à vous
câlins pour Eliott de la part de Nicolas (13 ans déjà ce grand dadais!)

à+

Le C

Écrit par : Le C | 29/11/2005

c'est qui le vrai père? bien jouée la fraichement promue darone
pour la première fois que je te lis, j'ai apprécié
preuve en est que la maternité fait effectivement des miracles chez la poule pondeuse;

en revanche, te presses pas pour balancer les tofs, c'est vrai qu'à Paris on a souvent l'opportunité d'l'voir ton marmot et donc qu'une image ou deux...

Allez
tu gagnes un point dans mon estime perso, tu arrives à un total de 1
cool pas vrai?

Écrit par : Blodhorn | 02/12/2005

Mais... A Grimbergen ma Mil'

Mais qui est le C s'il n'est pas le petitC ?

Blod, tu es une petite merde et pour la première fois j'y vois du tendre. Merci pour le point Chou ! (tu sais où te le carrer hein morue)

Écrit par : Julie-tte | 02/12/2005

c'est pire que ça Les enfants sont des tumeiurs malignes qui vous rongent de l'intérieur jusqu'à la fin...je crois que j'ai déjà une fille et plusieurs métastases.

Écrit par : Noé | 03/12/2005

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